“Dans les années cinquante la ville de Louvain, à peine ressuscitée des cendres de la deuxième guerre mondiale, ouvrit ses portes à deux importants Roumains qui y cherchèrent un refuge: le poète Michel Stériade et le linguiste Sever Pop. Michel Stériade y a exploité un petit restaurant, situé dans la rue Saint-Martin, près de la caserne des artilleurs, aujourd’hui démolie et remplacée par un complexe d’immeubles. Il s’y retira avec ses livres pour y vivre ses dernières années. Dans ce restaurant, presque exclusivement fréquenté par des intellectuels, conduits par le chirurgien flamand Herman Verduyn, professeur à l’université, Stériade servait des mets roumains, récitait des poèmes, jouait du piano, chantait et entretenait ses clients comme un authentique cabaretier. Ce fut chaque fois une fête de se rencontrer en ce lieu de rendez-vous hebdomadaire. Il y diffusait également son Journal roumain.”
Eugène Van Itterbeek, Journal Roumain, Editura hora, Hermannstadt/Sibiu – Les Sept Dormants, Leuven, 2006, p. 166.









